Un passeport pour garder une bonne conscience, dit la Société : documents « Attestation prévisionnelle, instructions médicales » et « Identité médicale »

© Gilles Biche. 

 

Gestion des problèmes médicaux liés au refus de la transfusion sanguine.

Aspects techniques et spirituels.

 

Lettre lue le 11 janvier 2000

 

 

Résumé. Le document « Attestation prévisionnelle, Instructions médicales »atteste que la personne ne veut pas qu’on lui administre une transfusion sanguine ou des produits sanguins même en cas d’inconscience. Se déterminer et trancher sur la question d’accepter ou non des produits de conscience et d’avoir recours ou non à un appareil faisant circuler le sang à l’extérieur du corps devraient faire l’objet de discussions en famille. Parce qu’ils ne contresignent pas ce document, les deux mandataires choisis pour s’exprimer à la place du malade, s’il en est empêché, doivent avoir entendu de sa bouche les mots exprimant sa volonté de ne pas accepter de sang. Le document « Identité médicale » ne sera remis aux mineurs non baptisés qu’en cas de réel accord des deux parents. La remise de l’ensemble des documents aux mineurs baptisés est subordonnée à l’accord exprès des deux parents. Dans l’attente des secours, le rôle des anciens ne se borne qu’à assister moralement l’enfant et non représenter les parents dans leur éventuel choix thérapeutique. Le document « Attestation prévisionnelle » est l’expression de votre assentiment dans un domaine de votre foi.

 

 

                                                                       TEXTE

 

 

            « Pour les chrétiens, le sang a une valeur sacrée. En Genèse 9 : 3 et 4, nous trouvons une des premières références au caractère sacré du sang : «  Tout animal qui se meut et qui est vivant pourra vous servir de nourriture. Comme pour la végétation verte, oui je vous donne tout cela. Seulement la chair avec son âme – son sang—vous ne devez pas la manger. » 

 

 

            Notons, toutefois, que le respect du caractère sacré ne se manifeste pas uniquement par l’observance de recommandations alimentaires. En effet, le verset 5 ajoute à propos du meurtre : « D’autre part, votre sang de vos âmes, je le redemanderai. De la main de toute créature vivante, je le redemanderai ; et, de la main de l’homme, de la main de chacun qui est son frère, je redemanderai l’âme de l’homme. » Ces paroles étaient adressées à Noé. A l’évidence, un principe moral était en jeu. Plus tard, Jéhovah renouvela ce commandement, entre autres, quelques temps après la fondation de la congrégation chrétienne. On le trouve mentionné en Actes 15 : 28 et 29 : « Car l’esprit saint et nous-mêmes avons jugé bon de ne pas vous ajouter d’autre fardeau, si ce n’est ces choses-ci qui sont nécessaires : vous abstenir des choses qui ont été sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez soigneusement de ces choses, vous prospérerez. Portez-vous bien ! »

 

 

Ceci posé, comment pouvons-nous prouver que nous sommes déterminés à respecter la valeur sacrée du sang ? Respecter le caractère sacré du sang implique de nombreux aspects de notre vie chrétienne. Outre l’exigence alimentaire, le chrétien se doit de respecter la vie et de ne pas verser le sang d’autrui, il doit également ne pas en faire un mauvais usage dans le domaine médical.

 

 

 

 

Considérons quelques idées qui nous aideront à respecter le caractère sacré du sang dans le domaine médical

 

 

 

            Ce soir, nous allons recevoir le document annuel : « Instructions médicales, Attestation prévisionnelle » qui sera remis à ceux qui le souhaitent après la réunion. Avant de le remplir, certains jugeront peut-être judicieux de réunir leur famille afin de discuter de cette question importante en famille. Il est, en effet, approprié de réfléchir à froid au choix que l’on serait amené à faire si l’on était confronté à une situation impliquant le respect du caractère sacré du sang et de la vie. Réfléchir à froid, ça signifie prendre des décisions avant, pour être déterminé.

 

 

 

Alors, quelles questions pourraient

faire l’objet d’une discussion familiale ?

 

 

 

1.      Après avoir considéré le fondement biblique de votre foi,

 

 

2.      Vous pourriez discuter  du recours à certaines thérapeutiques qui font appel au sang du patient,

 

 

3.      ou à des produits de fractionnement du plasma.

 

 

·        Effectivement, le patient se voit parfois proposé l’utilisation d’un appareillage permettant de récupérer le sang perdu au cours de l’opération afin de le réinjecter.

 

·        Ou encore, le médecin préconise l’utilisation de médicaments contenant certains produits de fractionnement du plasma. Le terme fraction n’est pas employé au sens de faible quantité de sang total. Le sang total est plutôt décomposé en ses divers constituants et en certaines protéines qu’on appelle fractions mineures.

 

 

Dans les deux cas, il va de soi que nous ne pourrons accepter ou refuser ces options thérapeutiques qu’à la condition d’avoir pris le temps de réfléchir aux principes bibliques impliqués. Pour ce faire, nous vous invitons à prendre note des références suivantes susceptibles de vous aider dans votre réflexion. Vous trouverez des explications dans La Tour de garde ( T.G ), Réveillez-vous ( R.V) et Notre ministère du Royaume ( K.M ). En bref, je vous dirai de quoi il retourne :

 

 

1.      Utilisation de sang perdu pendant l’opération :           T.G 1/3/1989 pp 30 et 31.

 

·        Il s'agit ici de transfusions de sang autologue puisqu'on récupère le sang dans certains cas pour le réinjecter. Tel est le cas par exemple de la dialyse où il y a un circuit extracorporel. Le Témoin s'assurera donc dans un tel cas si la pompe est bien amorcée avec un produit non-sanguin.

 

2.      Utilisation des produits

de fractionnement du plasma                 T.G 1/6/1990 pp30 et 31 et T.G 1/10/94 p 31

 

·        L'albumine ou l'immunoglobuline sont des fractions de sang. Que faut-il penser de cela ? Il est important à ce sujet de considérer l'article sus-mentionné. Quant au second, il est question de vaccin ou encore de l'injection d'érythropoïétine. On comprend facilement pourquoi il faut regarder dans les publications de la Société.

 

3.      Soins aux mineurs                                  K. M septembre 1992 pp 3 à 6, en particulier les paragraphes 6 et 7 que je vous lis :

 

"Ceci étant, que faire si le recherche d'un bon médecin pour votre enfant vous conduit chez un praticien qui a déjà collaboré avec des Témoins de Jéhovah et a utilisé des thérapeutiques non sanguines pour d'autres Témoins, mais qui considère que la loi ne l'autorise pas à vous donner la garantie absolue que le sang ne sera pas employé? Naturellement, il vous assure qu'il n'y a pas de raison que les choses se passent plus mal cette fois-ci. Vous pouvez dans ce cas estimer qu'il s'agit de la meilleure option possible. Dans une telle situation, vous pouvez en conclure qu'il vous est possible de l'autoriser à mettre en œuvre sa thérapeutique. Toutefois, signifiez-lui clairement qu'en autorisant que votre enfant subisse tel ou tel traitement, vous ne permettez pas une éventuelle transfusion. En agissant de la sorte, vous vous acquitterez de votre responsabilité sans pour autant que votre décision puisse être assimilée à une compromission.

 

Bien sûr, si vous trouviez une technique de substitution raisonnablement envisageable, qui réduirait d'autant plus ou éliminerait le risque d'un recours au sang, vous choisiriez probablement l'option la moins aléatoire. Il serait normal que vous fassiez des efforts soutenus pour trouver le médecin ou le chirurgien qui s'engage plus que les autres à ne pas administrer de sang. La meilleure défense consiste à anticiper les difficultés. Déployer tous vos efforts pour trouver à l'avance un praticien disposé à collaborer. Autant que possible, ne faites pas appel à des médecins ou à des hôpitaux peu disposés à collaborer."

 

 

4.      Vaccinations                           T.G 15/9/1978 pp 29 à 31 et R.V 8/8/1993 pp 22 à 25

 

·        Il est question dans ces publications par exemple d'injection de sérum dans le premier article tandis que dans le second vous y trouverez un tableau qui contient des types de vaccination qui indiquent la présence ou non de dérivés de sang..

 

·        Je tiens à votre disposition ces références si vous en avez besoin après relecture.

 

 

            Il est important de réfléchir à ces questions avant d’être confronté à un problème. En effet, une situation d’urgence n’est pas le meilleur moment pour mener une réflexion. Il devient alors difficile de prendre une décision qui soit le reflet d’une conscience éclairée. Des médecins expriment parfois le regret de constater que des patients Témoins de Jéhovah n’ont pas réfléchi à ces questions, ce qui rend plus difficile les soins qu’ils peuvent leur donner.

 

 

 

 

Parlons maintenant du document :

« Instructions médicales, Attestation prévisionnelle »

 

 

            C’est ce document-ci. Ce document prévoit un emplacement afin d’indiquer les coordonnées de deux personnes à joindre en cas d’urgence, à condition bien sûr de mentionner leur nom. Nous vous invitons à réfléchir sérieusement au choix des deux personnes qui seront les mieux placées pour s’exprimer à votre place en cas d’inconscience.

           

 

·        Il peut s’agir d'un proche parent Témoin de Jéhovah ou non qui serait prêt à défendre votre position relative au sang.

 

·        Vous pouvez également inscrire le nom et l'adresse d’un ami Témoin de Jéhovah susceptible de faire connaître ou de soutenir votre décision.

 

·         Dans tous les cas, informez clairement ces deux personnes de votre détermination de ne pas recevoir de transfusion sanguine quelques soient les circonstances.

 

 

 

 

Qu’est-ce que cela veut dire ?

 

 

 

            On ne va pas voir un frère ou une sœur en disant : « Bon écoute, est-ce que je peux te mettre en cas d’accident ? » Non, on lui dit :

 

 

·        « Est-ce que tu veux bien être mon témoin en cas d’accident pour défendre ma position ? Je refuse les transfusions sanguines ! » Il doit l’entendre de notre bouche.

 

·        J’accepte tel produit et tel produit, je refuse tel produit, tel produit. Ca doit être clair. C’est un peu comme si nous passions un contrat moral entre les 2 frères ou le frère que nous choisissons et nous-mêmes. C’est une question sérieuse. Il est pour cela indispensable qu’elles aient entendu de votre propre bouche votre volonté à cet égard. Il leur sera alors possible, en cas de nécessité, de vous représenter auprès du corps médical et de dire spécifiquement votre position par rapport aux produits laissés à votre conscience. En effet, un médecin, il va dire si vous alliez le voir, en cas d’urgence : « C’est bien mais, attendez, ce malade vous a exprimé sa volonté ? » Dire : " oui, vous savez, on est Témoin de Jéhovah » ça marche pas, le Jéhovah " ça marche pas, le médecin dira « Je suis désolé, c’est pas la volonté du malade ! Par contre, c'est peut-être différent si l'on peut dire : « Oui, il a exprimé sa volonté, voilà ses paroles ». 

 

 

 

 

 

Qu’en est-il des mineurs ?

 

Mineurs baptisés et non-baptisés vivant dans une famille monoparentale ou dans une famille dont l’un des parents n’est  pas Témoin de Jéhovah

 

 

 

 

 

1.      Les enfants mineurs non baptisés peuvent recevoir un document d’ « Identité Médicale » :

 

 

·         Si leurs deux parents sont Témoins de Jéhovah.

 

 

·         Dans un foyer où l’un des parents n’est pas Témoin de Jéhovah, ou dans une famille monoparentale, le chrétien discutera de cette question avec l’autre parent. Etant donné que ce document ne contient aucune instruction médicale, on est d’accord c’est ce document-ci, il n’a pour but que de permettre aux parents d’être prévenus immédiatement en cas de nécessité, il se peut que tous deux tombent d’accord pour demander à leur enfant de le porter sur lui.

 

 

·          A défaut de réel accord entre les deux parents, ce document ne sera pas remis à l’enfant. Il faut un accord des deux parents.

 

 

 

2.      Pour ce qui est des mineurs baptisés :

 

 

·         en plus du document d’identité médicale dont nous venons de parler,

 

·         le mineur pourra recevoir le document « Instructions médicales, Attestation prévisionnelle » à condition que ses deux parents aient donné leur accord exprès.

 

 

 

 

 

 

Nous désirons ouvrir une parenthèse à propos des enfants envoyés en classe verte et en classe de neige

 

 

 

 

            Certains parents souhaitent parfois entrer en contact avec un ancien ou un représentant du Comité de liaison hospitalier d’une autre région de façon à pouvoir compter sur son assistance en cas d’hospitalisation de l’enfant. Toutefois, nous désirons rappeler :

 

 

·        Qu’il n’appartient pas à un ancien ou à un membre du Comité de liaison hospitalier de représenter les parents auprès du corps médical. La loi, en effet, ne permet aucune délégation de l’autorité parentale sans l’intervention de la justice. Aussi, seul les parents sont en mesure d’exprimer un choix thérapeutique, par exemple, le refus de la transfusion sanguine pour leur enfant, seul les parents sont en mesure d’exprimer ce choix.

 

·        En revanche, les frères locaux peuvent apporter une assistance morale à l’enfant en attendant l’arrivée de ses parents ou des secours.

 

·         Nous désirons insister sur ce point : un ancien ne sera, en aucune façon, en mesure d’exprimer le moindre avis sur un éventuel choix thérapeutique concernant un enfant dont il n’est pas le père. Le même principe s’applique lorsqu’un enfant doit se déplacer à l’étranger, cela va de soi.

 

 

 

 

 

L’attestation exprime votre volonté en cas d’inconscience

Son utilité de l’avoir constamment sur vous

 

 

 

Enfin, pour conclure, nous désirons parler du document : «  Instructions médicales, Attestation prévisionnelle ». Comme son nom l’indique, ce document a pour but d’exprimer votre volonté en cas d’inconscience de votre part.

 

 

·        Aussi, pensez à l’avoir constamment sur vous et dûment rempli. Il constitue le seul moyen de prouver quelle est votre volonté si vous êtes transporté inconscient à l’hôpital.

 

 

·        Prenez le temps de remplir votre document et de le placer dans vos papiers d’identité le plus rapidement possible.

 

 

·         Ne laissez pas passer les jours et les semaines au risque finalement de l’oublier.

 

 

En observant la loi divine sur le sang, les Témoins de Jéhovah montrent qu’ils reconnaissent en Dieu l’auteur et le dispensateur de toute vie. Soyons donc déterminés à vous abstenir du sang ainsi que l’ordonne la Parole divine. Voilà pour ce qui est de ce  sujet. »

 

 

 

« Donc, après la réunion, je me tiendrai à disposition pour ceux qui désirent recevoir cette attestation prévisionnelle. Sachez aussi que les conducteurs d’étude de livre en auront de manière à ce que certains qui sont absents ce soir peuvent la réclamer (sic) auprès de leur conducteur d’étude du livre. Les conducteurs d’étude de livre auront aussi ces fiches : «  Document d’identité médicale » et ce seront les conducteurs d’étude de livre qui les remettront aux parents, ce sera plus simple. Je rappelle aussi aux conducteurs d’étude de livre qu’on va se réunir un petit peu après pour revoir un peu ces instructions. Voilà, merci."

 


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