Manuscrit du 22
septembre 1999
Notes. La remise annuelle du
document « Instructions médicales »sur lequel figure la formule PAS DE SANG et les instructions
prévisionnelles formulées comme expression officielle de la volonté du
titulaire du document et reflétant une décision catégorique de sa part,
contiennent les termes instamment exprimées par lui qu’on ne lui administre pas
de transfusion sanguine, et ce, quelles que soient les circonstances,
même si les médecins la jugent nécessaire pour préserver sa vie ou sa santé, ainsi
qu’indiqué déjà dans le document de janvier 1999. A l’orée de la nouvelle année
de service théocratique, le Béthel met l’accent sur le dialogue qui reste
toujours à construire lors d’une opération dite de chirurgie réglée et a
fortiori lors d’opération de chirurgie d’urgence. Faire preuve de considération
et de tact et prendre conscience des problèmes que la situation posée par le
refus de sang des Témoins crée aux médecins est un préalable à toute bonne
coopération mutuelle. La structure du CLH mise en place pour faciliter la
communication entre partenaires dans le cadre de la relation médecin-malade et
favoriser l’échange de moyens et techniques entre équipes médicales pour
répondre aux exigences spécifiques du refus sélectif du Témoin fait l’objet de
ce document destiné à sensibiliser les Témoins aux alternatives aux transfusion
de sang total. Les produits de conscience ou fractions de sang que certains
Témoins, sinon la plupart, acceptent désignent les produits qu’on trouve dans
le plasma et que certains n’assimilent pas à une transfusion de sang étant
donné que le système vasculaire de la femme enceinte est séparé de celui du
fœtus qu’elle porte -- leurs groupes sanguins sont souvent mêmes différents—et
qu’un système actif chez la femme enceinte assure le transfert d’une certaine
quantité d’immunoglobulines provenant du sang de la mère dans le sang du fœtus.
Ce transfert d’anticorps s’opérant naturellement en cours de toutes les
grossesses comme il en va d’ailleurs de l’albumine plasmatique qui passe du
sang de la mère à celui du fœtus à travers le placenta que les médecins
prescrivent parfois lorsqu’un patient est en état de choc, un Témoin peut pour
le moins considérer que si Dieu a permis le passage des fractions protéiniques
du plasma du système vasculaire d’un individu à un autre (ici de la mère à son
fœtus ) il ne saurait juger Dieu et sa création et être plus royaliste que le
roi.
En
revanche, le Témoin considère toujours le principe mosaïque selon lequel
lorsqu’un chasseur abattait par flèche un gibier il devait en verser le sang et
le couvrir de poussière comme une instruction sans équivoque qui écarte l’un
des usages courant du sang autologue : son prélèvement, son stockage et sa
transfusion ultérieure. Pourtant, il s’écoulait un certain temps avant que
l’animal transpercé et mort dans son sang soit saigné par le chasseur pour que
sa chair soit consommée ultérieurement, le temps suffisant que ce dernier
parvienne jusque l’animal et le saigne. Combien de temps pouvait-il
s’écouler ? Par conséquent, si selon les Témoins il n’existe pas de
différence de nature entre ces deux exemples pour justifier que le sang de la
personne ne soit plus réutilisé mais jeté dès lors qu’il a quitté le corps de
la personne alors même qu’il aurait pu être stocké sans circuler comme dans le
corps sans vie de l’animal -- et dès lors qu’il n’ait eu contact avec l’air
extérieur--, il existe pas de fait de différence de degré de comparaison entre
le sang qui ne circulait plus dans le corps de l’animal mort et qui était
stocké en quelque sorte dans son enveloppe charnelle de créature ‘morte peu de
temps auparavant en attendant d’être versé de nouveau sur le sol cette fois-ci
et recouvert de poussière avant que sa chair saignée alors de son sang résiduel
puisse être consommée. Par ailleurs, selon le principe contenu selon le
Deutéronome 14 : 21 concernant les aliments purs et impurs, il était
permis à un Israélite de vendre un animal mort dans son sang à un résident
étranger : « Vous ne devrez manger aucun corps [déjà] mort. Tu
peux le donner au résident étranger qui est dans tes portes et il devra le
manger ; ou bien on peut le vendre à un étranger, car tu es un peuple
saint pour Jéhovah ton Dieu ». L’Israélite pouvait faire commerce
d’animaux non saignés ou trouvés morts dans leur sang avec des étrangers
résidant sur son sol. Par conséquent, que le premier exemple écarte sans
équivoque l’un des usages courant du sang autologue savoir son prélèvement
préopératoire, son stockage et sa transfusion comparé à la consommation de sang
animal n’entre dans un débat qui n’est ni de même nature ni de même degré que
l’usage du sang humain différé et laissé écoulé dans un récipient sous vide le
stockant et n’ayant d’autre part subi le contact de l’air libre.
Puisque les Témoins de Jéhovah acceptent la transplantation d’organe, on peut s’interroger sur la valeur d’un interdit relatif au sang que les découvertes de la médecine considèrent indiscutablement comme tissu liquide ou comme organe. Que dire par ailleurs d’une transplantation de moelle osseuse prélevée sur un donneur souvent parent proche puis injectée au malade ? On sait que les globules rouges se forment dans la moelle de certains os. Or, la moelle animale est mise au même rang que toutes les formes de chairs comestibles et peut être consommée comme toutes les chairs de l’animal. On lit même en Isaïe 25 : 6 que Dieu préparera un banquet au menu duquel figureront des « mets bien huilés pleins de moelle ». Pourquoi donc tel composant qui traverse la membrane du placenta durant la grossesse peut-il être accepté en toute conscience par les Témoins alors que la science laisse supposer que d’autres sous-composants traversent la barrière placentaire si ce n’est parce que la Bible n’est pas assez précise pour déterminer une position claire ? « Lorsque la Bible fut rédigée, il était clairement condamné l’usage du sang pour la consommation du sang pour la consommation alimentaire ou la participation à des sacrifices païens. Il n’était pas à cette époque question des transfusions à usage thérapeutique » Ce qui fit conclure à l’auteur de l’article : « Assez précise sur ce sujet, la Bible ? » [1] Autrement dit, La Société sur la question de l’usage thérapeutique du sang n’est-t-elle pas allée au-delà de qui ait été écrit ? Il ne semble plus prouvé par ailleurs que l’ingestion par voie digestive de sang humain soit comparable à la consommation de sang introduit dans l’organisme par voie veineuse. Une transfusion semble différente d’un traitement intraveineux ou d’une expérience servant à fournir à l’organisme de l’alcool ou du dextrose. Ces éléments peuvent servir à alimenter l’organisme sans les digérer. En revanche, le sang tout comme un organe comme un rein ou un cœur greffé ne peuvent servir à cette fin. De deux patients qui ne peuvent se nourrir pour une raison quelconque, si on donne au premier patient une transfusion sanguine et au deuxième patient une alimentation par voie intraveineuse lequel des deux, à terme, survivra ? Il est évident que c’est le second car la transfusion ne pallie pas un problème de malnutrition. Le sang remplace les fractions que l’organisme a perdu tels que les globules rouges qui servent au transport de l’oxygène et qui maintiennent le corps en vie. En vertu de quoi les globules sont-ils un composant interdit ? En fait, le sang ne serait ni digéré ni absorbé par l’organisme mais assimilé par ce dernier de la même façon qu’un organe greffé. Il semble qu’en étudiant soigneusement tous les passages bibliques qui touchent la question du sang, les références à l’usage du sang semblent liées à la consommation comme nourriture de surcroît touchant le sang animal.
En
définitive, il semble bien que le problème du Témoin actuel réside pour lui
davantage à se poser la question de se demander si sa conscience lui
permettra de considérer si le fait que l’on dérive une partie de son sang hors
de son corps signifie que la circulation se trouve interrompue même
temporairement et si ce sang fait toujours partie de lui et qu’il n’a pas à
être ‘versé sur le sol’ et si sa conscience éduquée par la Bible serait
troublée si pour des besoins thérapeutiques, on lui prélevait du sang pour le
traiter avant de le réintroduire dans son corps plutôt que de s’interroger sur les
données de la science qui ont actualisé les données sur la composition du sang
comme organe. Celles-ci sont plus révélatrices pourtant que l’interdit biblique
purement religieux qui concernait la consommation et la libation de sang aux
idoles. Par ailleurs, la conscience du Témoin en cause ici n’est que
pure intériorisation de règles édictées par la Société, il faut davantage,
évoquant le concept de « conscience » lors de la rencontre du futur
Témoin dans un chemin de conversion avec sa nouvelle foi, plutôt l’évoquer et
la limiter à sa rencontre avec la société du Monde nouveau ou la Société. Alors
que le chemin de la conversion dans les religions traditionnelles aboutissant
au baptême fait référence à l’intériorité, la rencontre, la conversion ou l’adhésion
du Témoin à son mouvement sont centrées sur l’extériorité de la foi du Témoin
et son comportement observable comme un baromètre. Des qualités chrétiennes
sont vidées de la référence intime, profonde et personnelle à la conscience.
Lorsqu’on fait référence à la conscience du chrétien ou à sa conscience
éduquée par la Bible, il faut entendre dans la terminologie des Témoins et
de ses responsables dirigeants à la somme d’apprentissage et de mémorisation
des séquences observables de comportements ou de connaissances ou de savoirs
intériorisés par son assiduité à la dimension communautaire d’appartenance au
groupe et par la demande permanente d’orthodoxie à l’organisation traduite et
évaluable ici en un concept de pur suivisme : le Témoin est un sujet
orthodoxe -- « On dira d’un sujet qu’il est orthodoxe dans
la mesure où il accepte et même demande que sa pensée, son langage et son
comportement soient réglées par le groupe idéologique dont il fait partie et
notamment par les appareils de pouvoir de ce groupe auquel il appartient. On
dira d’un groupe qu’il est orthodoxe dans la mesure où ce type de
régulation y est effectivement assuré : mais –précision supplémentaire par
rapport à ce qui ne serait que le simple symétrique formel de la définition
précédente -- , dans la mesure également où le
bien-fondé (technologique et axiologique) de ce type de régulation fait
lui-même partie de la doctrine attestée par le groupe. On appellera
alors système orthodoxe l’ensemble des dispositifs sociaux et
psychosociaux qui règlent l’activité du sujet orthodoxe dans le groupe
orthodoxe, en même temps qu’ils interviennent dans l’émergence d’un groupe
orthodoxe. » [2] ». La position du Témoin sur la question de l’acceptation
ou non de fractions de sang tel que présenté de façon constante par la Société
n’en est pas moins que l’exemple le plus frappant.
« Je suis retourné pour voir » disait Salomon, quoi ? « que le course est
pour les hommes rapides (…) car temps et événements imprévus arrivent à
tous. ». Ce texte indique que nous pouvons être surpris par l’urgence
surtout dans le cadre de problème médicaux.
Un homme averti en vaut deux dit-on
aussi. La sagesse consiste donc à se préparer à de telles éventualités, car
nous pouvons subir des pressions en rapport avec la transfusion et, bien sûr,
telle éventualité ne peut être écartée. Des pressions assez fortes peuvent
viser à nous faire transgresser la loi sur le caractère sacré du sang. C’est
sûr que l’organisation de Jéhovah fait sa part, mais cela ne veut pas dire que
nous devons pas faire la nôtre.
En quoi peut
consister notre part ?
Tout d’abord, l’Esclave fidèle et avisé rappelle que
nous devrons avoir sur nous la Carte d’identité sur laquelle est inscrit « Instructions
médicales, attestation prévisionnelle »
autrement dit, elle sert en cas d’inconscience. Il est donc utile de l’avoir
car si nous refusons les transfusions de sang, nous acceptons par contre des
thérapeutiques de remplacement. Encore faut-il bien sûr, que cette attestation
soit en cours de validité. En général, l’Esclave fidèle et avisé fait
parvenir à l’ensemble des congrégations du monde entier, au mois de janvier,
une attestation pour l’année. – Si on a une attestation qui date et que l’on
a pas signé celle de janvier, c’est sûr que l’on l’est négligent. Si l’on a pas
notre attestation sur nous, on est aussi négligent. On peut la mettre à un
endroit où elle ne passe pas inaperçue car, ceux qui arriveront pour nous
secourir ne vont pas forcément la trouver. Par contre, dans le porte-feuille,
ils ont besoin de savoir qui on est, quels sont les membres de la famille.
Donc, si on met dans le porte-feuille, là, forcément, ils vont aller voir près
de la carte d’identité ou du permis de conduire. C’est là un des moyens efficaces
pour certains de faire connaître notre position. –
C’est
vrai aussi des enfants qui possèdent la Carte d’indenté. Cette carte,
les enfants doivent l’avoir sur eux. On ne la donne qu’à la condition expresse
que les deux parents soient Témoins de Jéhovah. Si les deux parents sont
Témoins de Jéhovah, il n’y a pas de problèmes. Là, il est bien que l’enfant
l’ait sur lui. De temps en temps, il faut vérifier.
Il est important aussi de savoir dialoguer avec un médecin. On peut être en chirurgie réglée, on peut être en chirurgie d’urgence. Quelles sont donc les phases importantes pour dialoguer avec le médecin ?
Il faut faire preuve de tact et de
considération. Il faut être conscient des problèmes que notre situation pose.
Là, par exemple, voici une conversation rapportée dans un supplément du Ministère
du Royaume : « Docteur, je suis venu vous consulter suite à la
recommandation d’un ami qui a été opéré par vos soins. » A
éviter ! Il vaut mieux : « Vous avez respecté ses scrupules
de conscience qui ne lui permettent pas de recevoir du sang lors d’une
intervention chirurgicale. Je me trouve dans la même situation que lui et je
fais appel à vos compétences pour que vous puissiez m’opérer dans les mêmes
conditions. Je suis conscient que cela peut engendrer un certain nombre de
problèmes. C’est la raison pour laquelle je me propose de vous établir une
décharge qui vous couvrirait des suites fâcheuses qui pourraient résulter de ma
décision.» Vers la fin de la discussion, nous pouvons ajouter :
« Avant de vous quitter, docteur, permettez-moi de vous dire, une fois
encore, que je suis résolu à refuser le sang en raison de mes convictions
religieuses. Cela est très important pour moi. »
Il
est évident que si on utilise la structure du C.L.H., il est sûr que cette
démarche sera grandement simplifiée car le chirurgien que vous aurez en face de
vous sera quelqu’un qui sera recommandé par le CLH et qui, lui, connaît les
Témoins de Jéhovah qu’il a déjà opérés. Ces personnes sont familiarisées avec
les techniques de remplacement, avec les produits qu’ils peuvent avoir hors de
France par le biais du CLH s’ils ne sont pas disponibles en France. Du fait de
notre structure mondiale, on peut obtenir des produits qui ont même étonné les
structures médicales, car le chirurgien en France a les mains liées pour
obtenir ces produits-là. Il sera toujours très heureux d’en obtenir par notre
intermédiaire.
Donc, si vous utilisez la structure
CLH, vous n’aurez probablement pas besoin d’expliquer en long et en large, le
chirurgien vos arrêtera en vous disant : « Je connais, j’ai déjà
opéré des centaines d’entre vous ! » Donc, vous pouvez vous
sentir à l’aise, vous aurez un anesthésiste tout à fait coopératif, cela évite
tous les problèmes.
Il y a toutefois des aspects quand même auxquels vous
devriez réfléchir car on les rencontre. Ce sont les fractions de sang. C’est ce
qu’on appelle les produits de conscience. Est-ce qu’on peut
accepter ou refuser des produits de conscience ?
Sans détailler, vous
distinguerez dans le tableau, des cases
rouges et des cases vertes. Le sang est composé de deux grandes parties :
A ce sujet, voici ce que disait La Tour e Garde du 1
juin 1990 par exemple : « Certains chrétiens pensent que l’ordre
de ‘s’abstenir du sang’ les oblige à refuser l’injection d’immunoglobuline
(c’est un produit de conscience qui se trouve dans le plasma et qui confère une
certaine immunité à celui qui en serait dépourvu) ou protéine, bien qu’il
s’agisse que d’une fraction de sang. Leur position est à la fois claire et simple :
·
Pas de
composant sanguin sous quelque forme ou en quelque quantité que ce soit
·
D’autres
pensent que l’injection d’un sérum (un antitoxine par exemple), comme
l’immunoglobuline, contenant seulement une infime fraction du plasma sanguin
d’un donneur et employé pour renforcer leur défense contre la maladie, n’est
pas assimilable à une transfusion de sang. Il se peut donc que leur conscience
ne leur interdise pas d’accepter des immunoglobulines ou d’autres fractions de
sang similaires [3]
Pour eux, la question est essentiellement de savoir s’ils sont prêts à courir
les risques liés à l’injection d’un sérum préparé à partir du sang d’une tierce
personne.
·
On
notera avec intérêt que le système vasculaire de la femme enceinte est séparé
de celui du fœtus qu’elle porte ; leurs groupes sanguins sont souvent
différents. Le sang de la mère ne passe pas dans le fœtus. Les éléments figurés
(cellules) du sang maternel ne franchissent pas la barrière placentaire pour
s’introduire dans le sang du fœtus, pas plus que le plasma d’ailleurs. En fait,
si accidentellement, le sang de la mère et celui du fœtus se mélangent, des
ennuis de santé risquent d’en résulter (incompatibilité Rh ou ABO). Toutefois,
certaines substances présentes dans le plasma de la mère passent dans le sang
du fœtus. Est-ce le cas des protéines plasmatiques comme l’immunoglobuline et
l’albumine ? Oui, pour certaines.
·
Chez
la femme enceinte, un mécanisme actif assure le transfert d’une certaine
quantité d’immunoglobulines provenant du sang de la mère dans le sang du fœtus.
Ce transfert d’anticorps s’opérant au cours de toutes les grossesses, les
nouveaux-nés sont plus ou moins immunisés contre certaines infections.
·
Il en
va de même de l’albumine, que les médecins prescrivent parfois lorsqu’un
patient est en état de choc ou dans d’autres cas [4]. Les
chercheurs ont établi que l’albumine plasmatique passe également du sang de la
mère à celui du fœtus, quoique dans une moindre mesure, à travers le placenta.
·
Un
chrétien peut prendre en considération le fait que des fractions protéiniques
du plasma passent naturellement du système vasculaire d’un individu à celui
d’un autre (le fœtus) lorsqu’il doit décider s’il va accepter ou non des
injections d’immunoglobulines, d’albumine ou d’autres fractions plasmatiques. Certains
se diront peut-être qu’ils peuvent les accepter en toute bonne
conscience ; d’autres penseront qu’ils ne le peuvent pas. C’est à chacun
de trancher personnellement cette question devant Dieu.
Il existe des appareils faisant circuler le sang à
l’extérieur du corps Alors voici ce que déclare le livre Quand le sang sort
du corps (La Tour de Garde du 1er mars 1989 pages
30-31) : « Sous la loi, que fallait-il faire du sang qui ne
servait pas dans le cadre d’un sacrifice ? Quand un chasseur abattait un
gibier, il devait « en verser le sang et le couvrir de
poussière ». Le sang ne pouvait donc servir à se nourrir ou à un autre
usage. Lorsqu’on saignait un animal et qu’on utilisait pas son sang dans le
cadre d’un sacrifice, il fallait le répandre sur la terre, le marchepied de
Dieu. » -- Esaïe 66 :1 ; voir
Ezéchiel 24 :7,8.
Cette instruction sans équivoque écarte l’un des usages courant du sang autologue : son prélèvement préopératoire, son stockage et sa transfusion ultérieure.
Par contre, un procédé quelque peu différent consiste à faire dériver le sang du patient dans un dialyseur (rein artificiel) ou un cœur-poumon artificiel. Le sang est acheminé à l’aide d’une tubulure jusqu’à l’organe artificiel qui le pompe ou le filtre avant qu’il ne retourne dans le système circulatoire du patient. Des chrétiens acceptent ce genre de traitement à condition que l’appareil ne soit pas amorcé avec du sang préalablement stocké. Ils considèrent ce circuit extérieur à leur corps comme une extension de leur système circulatoire, extension qui permet à leur sang de passer dans un organe artificiel. Ils estiment que le sang qui circule dans ce circuit fermé fait toujours partie de leur organisme et ne doit pas obligatoirement être « versé » ». Certains considèrent cela comme une prolongation de leur propre système vasculaire.
Examinons un dernier exemple d’usage de sang autologue, sa récupération et sa réutilisation au cours d’une opération avec un appareil de type Cell-saver.
On utilise dans ce cas, un appareil
qui aspire le sang dans le champ opératoire et le fait passer à travers un
filtre (pour le débarrasser des caillots et des impuretés) ou une centrifugeuse
(pour éliminer les liquides) avant de le réintroduire dans l’organisme du
patient. Beaucoup de chrétiens s’inquiètent du risque d’interruption momentané
de la circulation sanguine dans e dispositif de récupération. Toutefois, comme
nous l’avons dit plus haut, au regard des Ecritures, il est plus important de
déterminer si le sang qui s’écoule dans le champ opératoire fait toujours
partie du corps. Sa sortie du système circulatoire signifie-t-il qu’il doit être
versé ?
« Il
y a le bec de l’appareil qui est sur la plaie, qui va aspirer le sang et
l’envoyer dans une tubulure, le sang va être lavé et réinjecté dans votre
corps. Le chrétien doit estimer donc si, pour lui, le sang est véritablement
sorti de son corps. Evidemment, c’est quasiment instantané. Certains
s’inquiètent ainsi de l’arrêt momentané du sang. Cela est sans intérêt. Si vous
avez une crise cardiaque, votre système circulatoire va s’arrêter. Ce n’est pas
pour autant, lorsqu’on devra essayer de vous réanimer, qu’il faudra vider votre
sang. C’est donc à vous de déterminer cette question à propos des appareils
circulatoires. Les cœur-poumons ou dialyseurs et Cell-saver
sont des appareils couramment utilisés dans différentes salles d’opération.
Il est important d’avertir le CLH
quand même avant l’entrée en clinique. Quelquefois, il y a des frères et sœurs
qui ont déjà rendez-vous avec un chirurgien. Pour quelle raison ? Parce
qu’au moment de l’entretien avec leur généraliste, celui-ci va leur donner son
diagnostic et leur recommander tel praticien. Il vous appartient de dire alors
qu’en tant que Témoin de Jéhovah, vous avez une structure spéciale qui a des
chirurgiens dans toutes les spécialités, qui opèrent sans transfusion de sang.
« Vous savez, je suis très attaché au respect du caractère sacré du sang.»
C’est à ce moment-là qu’il vous faut agir, c’est plus sage, c’est une positon
marquée.
« Pour ceux qui n’utilisent
pas le CLH, ça existe parce qu’un jour j’ai rencontré par hasard un chirurgien
d’une autre clinique avec laquelle on ne travaille pas et qu’il m’a dit qu’il
opérait des Témoins de Jéhovah – on l’aura peut-être avec nous puisque je l’ai
rencontré – seulement bon, dans tout ça, c’est la liberté individuelle de
chacun. Seulement il est conseillé dans Le Ministère de ne pas attendre la
dernière minute pour prévenir de sa position car cela met le chirurgien vraiment
en position délicate, il n’est pas préparé à cela et il n’a pas le temps
évidemment de réfléchir à ce qu’il aurait pu faire dans une telle situation,
mais comme l’indique le supplément du Ministère et selon le Bureau
d’information hospitalier de Paris, certains attendent la dernière minute. En
tous les cas, sans faire de publicité pour le CLH, il vaut mieux passer par le
CLH, c’est plus rassurant. Pour certains, en cas de transfert « c’est pas
triste », s’ils étaient arrivés là où ils devaient !… Bien sûr, le
CLH n’est pas une structure parfaite, il y a des cas d’urgence parfois, on est
pas vraiment capable de traiter sur l’heure. Cela ne veut pas dire qu’on ne
peut pas faire le transfert après si c’est vraiment nécessaire ».
Aller vers dossiers sur le sang>
[1] Blandre. B. Témoins de
Jéhovah : accepter des produits dérivés du sang ? Mouvements
religieux n° 248. Décembre 2000. p. 9.( AEIMR – BP. 70733 – F. 57207
SARREGUEMINES CEDEX )
[2] Psychosociologe sociale. Deconchy. J.P sous la direction de Serge Moscovici. 1984. Paris, Ed. PUF p. 342, 243.
[3] Citons par exemple
l’immunoglobuline anti-RH, que les médecins recommandent parfois en cas
d’incompatibilité rhésus entre la mère et le fœtus, et le facteur VIII,
prescrit aux hémophiles
[4] On obtient de bons
résultats en administrant des restaurateurs non sanguins du volume plasmatique
à des patients en état de choc, et dans d’autres cas où une solution
albumineuse a préalablement été utilisée.