Manuscrit lu en mi-janvier 2002
« L’esclave fidèle et avisé a la responsabilité de
veiller sur l’organisation terrestre de Jéhovah. Elle veille, entre autres, à
ce que nous montrions de l’amour pour Dieu en observant ses commandements. Je
vous invite à prendre I Jean 5 : 3 : « Car voici ce que signifie
l’amour de Dieu : que nous observions ses commandements ; et pourtant
ses commandements ne sont pas pesants ». La loi relative au caractère
sacré du sang est l’un de ses commandements.
Alors, nous allons vous parler maintenant de la façon dont nous devons exprimer clairement notre volonté d’obéir à la loi de Dieu, loi qui nous demande de nous abstenir du sang et nous préciserons le rôle des Comités de liaison hospitalier, l’arrêt du Conseil d’Etat et sa portée.
Auparavant,
nous portons à votre connaissance un arrêt du Conseil d’Etat, la plus haute
juridiction administrative du pays, en date du 26 octobre 2001. Cet arrêt fait
suite à une requête déposée par une sœur dont le mari a été transfusé contre sa
volonté en 1991. Malheureusement, ce dernier est décédé quelques jours plus
tard. Sa veuve a engagé un recours contre les médecins mais elle a été déboutée
de sa demande en première instance en 1995, puis par la Cour administrative
d’appel de Paris en 1998. Les juges d’appel ont estimé que l’obligation de
sauver la vie l’emportait sur celle de respecter la volonté du malade.
Le
Conseil d’Etat, dans son arrêt du 26 octobre 2001, a annulé la décision de la
Cour d’appel de Paris. Il a considéré que l’obligation de soigner et le respect
de la volonté du patient doit être placé sur un plan d’égalité. Toutefois, bien
que le Conseil d’Etat ait annulé la décision de la Cour d’appel, il a jugé que,
face une situation extrême, un médecin n’a pas commis de faute en ne respectant
pas le refus de transfusion du malade. En somme, il estime qu’en cas d’urgence
pouvant mettre en danger la vie d’un patient, il appartient au médecin de
respecter ou non le refus de transfusion.
Bien que cette décision ne soit pas totalement satisfaisante, les juges ont fait référence avec respect aux convictions religieuses du frère transfusé. La plupart des journaux à diffusion nationale qui ont relayé l’information ont, eux aussi, traité le sujet en montrant un certain respect de nos convictions.
« Quelles
seront les conséquences de cette récente jurisprudence ? »
·
1. Certains médecins se réfugieront
derrière la notion de situations extrêmes ou d’actes indispensables à la survie
pour refuser de s’engager à respecter la volonté du patient en toutes
circonstances.
Il est préférable d’être
seul en présence de son médecin pour exprimer la profondeur de nos convictions.
Parfois, le praticien va profiter de cette situation pour tenter de nous
convaincre d’accepter une transfusion. Il se peut même qu’il propose que la
transfusion soit gardée secrète entre lui et nous. C’est l’occasion de montrer
que notre fidélité à Dieu ne dépend pas de ce que nos frères peuvent penser de
nous, mais de notre réel désir de conserver la faveur divine.
Il arrive souvent alors que le médecin touché
par la profondeur de cette expression de foi accepte de respecter notre
demande. Soyons conscients que notre aptitude à tenir un tel langage implique
d’avoir une profonde conviction. En outre, avant de parler avec les médecins,
prions Jéhovah de nous accorder sa force. A l’exemple des apôtres, nous
devrions pouvoir dire selon Actes 5 : 29 : «Nous devons obéir à
Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu’aux hommes. »
Une telle détermination de notre part vient
compléter la valeur du document intitulé : « Attestation de
refus sélectif de produits sanguins » qui est remis lors de
l’entretien.
3. L’aide des
Comités de liaison hospitalier
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Parlons
à présent de l’aide offerte par les Comités de liaison hospitalier qui
connaissent les équipes médico-chirurgicales. Au fil
du temps, certaines de ces équipes ont acquis une grande expérience dans la
mise en œuvre des alternatives à la transfusion. C’est d’ailleurs l’une des
raisons pour lesquelles il leur est possible de prendre en charge des patients
Témoins de Jéhovah, alors que d’autres équipes refusent de le faire. Toutefois,
l’engagement de ces équipes peut varier en fonction du cas médical qui leur est
soumis et de la relation de confiance qui va se nouer avec le malade.
Aussi,
lorsque vous prenez contact avec une équipe chirurgicale, anesthésiste et
chirurgien, dont les coordonnées vous ont été transmises par le CLH, il
convient d’exprimer clairement votre volonté.
Ne
partez pas du principe que les médecins connaissent déjà votre position. Il
nous appartient de montrer votre détermination.
Ensuite,
essayez d’estimer dans quelle mesure l’ensemble de l’équipe est désireuse de
respecter vos convictions. Si une première équipe ne vous donne pas
satisfaction, n’hésitez pas à vous rapprocher de nouveau du CLH par
l’intermédiaire des anciens de votre congrégation.
Si les
frères ne connaissent pas d’autres équipes locales, vous pouvez leur demander
de prendre contact avec des CLH voisins afin de connaître les possibilités
d’hospitalisation dans une autre région. Toutefois, attention à l’écueil
suivant : si lors du diagnostic, le médecin préconise le recours à un acte
chirurgical dans les plus brefs délais, ne perdez pas de temps ! Il est
courant que plusieurs semaines s’écoulent entre le moment du premier diagnostic
et le moment où les soins indispensables sont donnés. Un délai d’attente trop
long est préjudiciable au patient. Aussi, nous vous invitons à agir
promptement.
N’hésitez
pas à contacter un membre du CLH à plusieurs reprises dans une même semaine
quand les circonstances l’imposent. Les frères seront heureux de vous assister
en vous aidant à rechercher une équipe coopérative.
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Qu’en est-il des
situations conflictuelles avec le corps médical quand le malade est déjà
hospitalisé ?
La
question des visites à l’hôpital
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Abordons la question des visites à l’hôpital. Les serviteurs de Jéhovah sont prompts à manifester leur affection fraternelle envers ceux qui souffrent. Nous devons tout faire pour continuer de manifester cette solidarité. D’un autre côté, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas trop de visiteurs présents en même temps à l’hôpital. D’une part, il ne faut pas fatiguer le malade et d’autre part, trop de visiteurs, même dans les couloirs ou les salles d’attente, gênent le bon fonctionnement d’un service. Les anciens donneront des conseils de bon sens dans ce domaine quand cela sera nécessaire.
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Les soins aux mineurs |
Qu’en
est-il maintenant de la question des soins aux mineurs ? Comme vous le
savez, quand des parents Témoins de Jéhovah demandent aux médecins de soigner
leurs enfants sans recourir à la transfusion, les médecins estiment qu’il
s’agit là d’un défi complexe. Pourquoi ? Parce qu’ils considèrent que la
loi et la déontologie médicale ne les autorisent pas à garantir la
non-utilisation du sang en cas de besoin. En réalité, aucun médecin appelé à
soigner un enfant ne donnera la garantie qu’il ne recourra pas au sang quelles
que soient les circonstances.
Dans
ce contexte, comment est-il possible de prodiguer les meilleurs soins à nos
enfants tout en nous acquittant de nos responsabilités devant Jéhovah ?
S’il est vrai qu’aucun médecin ne s’engagera totalement,
nombreux sont ceux qui sont disposés à s’occuper d’enfants de Témoins de
Jéhovah en faisant tout ce qu’ils estiment possible pour respecter notre
position à l’égard du sang. A propos de la responsabilité des parents, le
supplément du Ministère du Royaume, de septembre 1992, déclarait en
s’adressant aux parents : « Il serait normal que vous fassiez des
efforts soutenus pour trouver le médecin ou le chirurgien qui s’engage plus que
les autres à ne pas administrer de sang. La meilleure défense consiste à
anticiper les difficultés. Déployez tous vos efforts pour trouver à l’avance un
praticien disposé à collaborer. Autant que possible, ne faites pas appel à des
médecins ou à des hôpitaux peu disposés à collaborer. » Ainsi, la
responsabilité des parents consistent à faire des efforts soutenus pour trouver
le praticien qui s’engage plus que les autres à ne pas administrer de sang. Le
Ministère du Royaume précité, je répète septembre 92, page 3, paragraphe
6, rappelait que : « Si un médecin qui utilise habituellement des
thérapeutiques non-sanguines vous assure qu’il n’y a pas de raison que les
choses se passent plus mal cette fois-ci, mais qu’il considère que la loi ne
l’autorise pas à vous donner à vous donner la garantie absolue que le sang ne
sera pas employé, dans une telle situation, vous pouvez en conclure qu’il vous
est possible de l’autoriser à mettre en œuvre sa thérapie car vous estimez
qu’il s’agit de la meilleure option possible. » [1]
Un dialogue constructif entre les parents et le médecin
incitera celui-ci à agir en conscience en faisant le maximum pour respecter vos
convictions plutôt que de recourir à l’arbitrage de la justice. L’expérience
acquise au cours des années nous apprend que l’intervention du procureur de la
République ou du juge pour enfants, dans le cadre de refus de transfusion,
dessert les parents. Il n’est donc pas judicieux de suggérer au corps médical
de faire appel au procureur de la République. Dans la plupart des cas, sans
même prendre le temps de considérer l’avis des parents, le magistrat se
limitera à donner l’autorisation aux médecins d’agir à leur guise. Dans
quelques cas, une enquête sera diligentée par crainte que les parents soient
défaillants et un placement de l’enfant pourrait être envisagé. Il est donc
préférable de maintenir le dialogue avec les médecins et de tout faire pour que
des alternatives à la transfusion soient mises en œuvre pour les médecins. Nous
vous invitons à relire attentivement les informations contenues dans le
supplément du Ministère du Royaume de septembre 1992.
Résumé de ce qui précède
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A présent, essayons de résumer ce qui vient d’être
dit :
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Communication
d’une décision du Collège central : la carte « Instructions
médicales -- Attestation prévisionnelle » ne sera pas renouvelée en
janvier 2002 |
Pour conclure cet exposé, nous vous informons que suite à
une décision du Collège central, la carte « Instructions Médicales –
Attestation prévisionnelle » ne sera pas
renouvelée au mois de janvier comme cela se fait habituellement.
Dans
l’attente de recevoir de nouveaux documents, seuls les proclamateurs ayant
perdu ou endommagé leur attestation pourront s’en procurer une auprès du
collège des anciens de la congrégation. « J’en ai quelques-unes avec
moi encore. Si vous vous l’avez égarée ou si certains l’ont eue il y a
longtemps, venez me voir, je vous en remettrai une à titre exceptionnel. »
Nous avons revu au cours de ce sujet
quelques dispositions et conseils de base nous aidant à accepter la loi divine
concernant le respect du caractère sacré du sang. (Ce respect du caractère
sacré du sang a été rappelé aux chrétiens en Actes 15 : 28 et 29 :
« Car l’esprit saint et nous-mêmes avons jugé bon de ne pas vous ajouter
d’autre fardeau, si ce n’est ces choses-ci qui sont nécessaires : vous
abstenir des choses qui ont été sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui
est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez soigneusement de ces
choses, vous prospérerez. Portez-vous bien ! » Passage non lu
dans une autre congrégation.)
Le respect des normes divines de Jéhovah sera pour notre
bonheur comme le déclare Isaïe 48 : 17 : « Voici ce qu’a
dit Jéhovah, ton Racheteur, le Saint d’Israël :
« Moi, Jéhovah, je suis ton Dieu, Celui qui enseigne pour [ton] profit,
Celui qui te fait cheminer sur le chemin où tu dois marcher. »
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P.S : « Très certainement que ces
rappels sont importants. Si certains auraient des éclaircissements à avoir ou
autre, ils peuvent venir me voir, après la réunion ou à un autre moment, pour
revoir quelques points s’ils le souhaitent. »
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[sang3]
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[
sang page 5]
[1] Ce passage, retranscrit tel, paraphrase le paragraphe 6 qui
initialement était celui-ci : « Ceci étant, que faire si la recherche
d’un médecin pour votre enfant vous conduit chez un praticien qui a déjà
collaboré avec des Témoins de Jéhovah et a utilisé des thérapeutiques non
sanguines pour d’autres Témoins, mais qui considère que la loi ne l’autorise
pas à vous donner la garantie absolue que le sang ne sera pas employé ?
Naturellement, il vous assure qu’il n’y a pas de raison que les choses se
passent plus mal cette fois-ci. Vous pouvez dans ce cas estimer qu’il s’agit de
la meilleure option possible. Dans une telle situation (ainsi
dans le texte), vous pouvez en conclure qu’il vous est possible de l’autoriser
à mettre en œuvre sa thérapie. Toutefois, signifiez-lui clairement qu’en
autorisant que votre enfant subisse tel ou tel traitement, vous ne permettez
pas une éventuelle transfusion. En agissant de la sorte, vous vous acquitterez
de votre responsabilité sans pour autant que votre décision puisse être
assimilée à une compromission. »